L'entrepreneur passionné... Ou pas !

Faut-il être passionné pour entreprendre ? Ou, plus précisément : faut-il être passionné par le secteur dans lequel on entreprend pour réussir ?

 

Il y a encore quelques temps, lorsque je pensais création d’entreprise, j’avais en tête cette image d’Épinal un peu romanesque du chef d’entreprise passionné et investi, qui se lance corps et âme dans son projet, animé par une passion débordante. Il pouvait être menuisier, potier, horloger, homme ou femme, jeune ou retraité, ouvrir une épicerie ambulante, devenir prof de yoga ou coach (très à la mode le coaching !), faire cela seul ou bien en groupe…

 

Le dénominateur commun que tous ces profils semblaient détenir, était à mon sens la passion pour leur projet. L’envie, un jour, de consacrer leur temps de « travail » à un projet qui leur tenait à cœur.

Je les voyais comme habités par une vocation qui, pour s’exprimer, devait surpasser toutes les contraintes personnelles, financières ou structurelles.

 

Le hic ? Si je m’en tenais à cette définition, j’excluais de fait tous les gens qui entreprennent pour d’autres raisons. Circulez, il n’y a rien à voir !

 

L’autre (gros) hic ? Je faisais moi-même partie de cette catégorie d’entrepreneurs, à laquelle au départ, je n’avais pas pensé ! Ces gens qui entreprennent dans un domaine et sont mus en parallèle par d’autres passions, parfois très loin de leur secteur professionnel.

Ces gens qui entreprennent pour des raisons tout aussi valables, mais parfois moins romanesques.

Ces gens qui ont décidé, un jour, qu’entreprendre serait une solution, à défaut d’être une vocation.

 

Sommes-nous des imposteurs parce que nous entreprenons par raison plutôt que par passion ?

Serons-nous moins efficaces ?

Serons-nous moins sérieux vis-à-vis de nos clients ?

Nos objectifs sont-ils moins louables ?

 

Ces questions je me les suis posées et j’avais tendance à penser qu’effectivement, un entrepreneur « raison » est moins crédible qu’un entrepreneur « passion ».

Comment être vendeur si on n’est pas illuminé de l’intérieur par une grande flamme ?

Comment convaincre nos clients qu’on leur donnera le meilleur si on ne jette pas des paillettes en dansant le flamenco sur le bureau lorsqu’on leur présente nos services ?

 

Vous n’avez pas idée comme j’étais embêtée : d’une part les paillettes ne sont pas écolo – et moi j’essaie de l’être un peu, écolo – et surtout je n’ai absolument aucun sens du rythme !

Je me retrouvais donc entrepreneuse, passionnée par tout un tas de trucs (que nous aurons bien le temps d’aborder), efficace dans mon métier d’assistante, mais avec le sentiment que je n’étais pas une « vraie de vraie », une « dure de dure » de l’entrepreneuriat. Sympa l’ambiance !

 

Et puis un jour j’ai dit stop ! Je me suis dit « zut » et j’ai décidé de faire confiance. Faire confiance aux autres et me faire confiance à moi. Ce qu’il me fallait avant tout, c’était rester honnête, arrêter de culpabiliser de ne pas vendre des paillettes (pour le flamenco je m’étais déjà fait une raison).

 

J’ai accepté le fait qu’on peut effectivement faire son travail avec sérieux, motivation et engagement sans que ce travail ne soit une passion. J’ai décidé d’entreprendre dans mon domaine, le support aux entreprises, parce que je suis bonne pour cela, parce que j’ai acquis une expérience solide et variée, parce que mon apport représente une plus-value pour mes clients et parce que ce choix représentait une solution à ma situation personnelle du moment (non, non, ce n’est pas un gros mot, nous avons tous le droit à une vie « personnelle » et cela ne fait pas de nous de moins bons professionnels !).

 

Finalement ce qu’on attend d’une assistante c’est surtout de la transparence (d’autant plus important en télétravail), de l’organisation, du conseil, de la diplomatie, du sérieux… Tout cela je le fais et je le fais bien, sans les paillettes mais avec le sourire !

 

Et pour vous, l’entrepreneuriat doit-il plutôt être « passion » ou peut-il aussi être « raison » ?


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